Pino Daniele utilise deux consoles DM 2000 connectées par fibres optiques
Pour ceux qui pensent que la musique napolitaine est uniquement affaire de mandolines et de tambours, l'auteur-compositeur-interprète Pino Daniele remet en cause ces préjugés : le talent de cet artiste est en effet reconnu par des musiciens de la veine de Pat Metheny, Chick Corea, Wayne Shorter et Gato Barbieri, pour ne citer que quelques uns des artistes de renommée mondiale à avoir joué ou effectué des enregistrements avec Daniele.
Peu de temps après la sortie de son album « Passi d'autore », en 2004, cet artiste très éclectique s'est engagé dans une tournée intitulée « Pino Daniele Ensemble Tour », qui l'a conduit dans les théâtres les plus prestigieux d'Italie, suivie d'une série de représentations d'été dans les amphithéâtres du pays.
Accompagné par un trio (piano, basse et batterie) et un quartet vocal, l'artiste napolitain a interprété certaines de ses compositions originales, faites de fusions de genres musicaux : un mélange de sonorités aussi diverses allant de la musique de la Renaissance au Bossa Nova, du Latin Jazz au Blues via le Reggae sans oublier une multitude d'autres influences, jouées et chantées selon les accents uniques de l'auteur-compositeur-interprète.
Pour garantir la reproduction parfaite des atmosphères musicales plus rares et subtiles et des morceaux électriques au tempo rapide exécutées par Daniele et son ensemble, l'entrepreneur audio Musical Box Rents a fait appel à deux consoles numériques Yamaha DM 2000.
Alors que l'ingénieur de contrôle est déjà un vétéran du numérique, l'ingénieur FOH Massimo Bigotti faisait sa première tentative sur une console de ce type.
« C'est la première fois que je fais ça, car j'étais jusqu'à présent un ardent défenseur de l'analogique. Mais je dois avouer que la console DM 2000 est vraiment une interface intuitive, et que c'est un vrai plaisir que de l'utiliser. En outre, elle produit de belles sonorités et nous arrivons à en tirer le son exact recherché ».
Bigotti fait largement appel aux plug-ins, en particulier les compresseurs 276 et 260, utilisés sur les guitares et les double basses.
« Ils fonctionnent vraiment bien », ajoute-t-il, « et, une fois que vous avez réglé les temps d'attaque et de relâchement, ils sont inaudibles et remplissent parfaitement leur mission. Nous n'avez ainsi qu'un petit rack en équipement extérieur, que nous pourrions même supprimer ! ».
En ce qui concerne les voix de Pino, Bigotti a utilisé le progiciel Reverb Package, avec ses programmes basés sur l'algorithme REV-X, qui ont été particulièrement appréciés dans des pièces évocatrices a cappella, accompagnées par le quartet vocal.
Bigotti conclut son exposé en disant : « une autre fonction très utile de ce nouveau modus operandi numérique sous DM 2000 est appelée « User Assignable Layer ». Elle permet de regrouper n'importe quels canaux sur votre propre couche personnalisée, de sorte à conserver précisément en vue les canaux constamment sollicités. Nous avons également fait bon usage de Studio Manager pour la pré-programmation et l'essentiel des connexions ainsi que d'autres travaux qu'il aurait été difficile d'effectuer sans s'asseoir devant la console ».
L'ingénieur de contrôle Mauro Pagiaro est un véritable utilisateur « vétéran » de la console DM 2000 : « cela fait deux ans que je l'utilise sur les scènes des théâtres, toute seule pour contrôler les moniteurs à partir de la position FOH, ou avec un autre mixeur. C'est donc un outil très familier, j'ai fait mon show plus de 200 fois, sans aucun problème ! »
Pendant la tournée de Pino Daniele, le système audio était interconnecté à un réseau de fibres optiques, consistant en une unité LX4A 96k installée sur scène, dotée de 48 canaux d'entrée avec gain réglable, connectée via un câble de fibres optiques à deux interfaces DD32 (une pour chaque unité DM 2000), munie chacune de 32 ports principaux, et capable d'assumer la fonction de 64 canaux audio numériques.
Les deux ingénieurs sont emballés par ce système. « Je n'avais jamais essayé ce type de technologie auparavant car, lorsque je travaillais à l'éclairage, il suffisait d'envoyer une valeur DMX pour déplacer ou modifier un élément. En audio, il y a la bande passante, les dynamiques et d'autres éléments encore qui doivent être alimentés à l'autre extrémité du câble... mais j'étais curieux et c'est en travaillant sur les consoles numériques que j'ai fini par comprendre qu'il était ridicule de transporter avec nous ces énormes câbles multiconducteurs analogiques », explique Magiaro.
« Je dois dire qu'on peut vraiment entendre la différence, qui est à mon avis due au type de connexion permettant à la console de fonctionner dans des conditions idéales : le signal descend de la scène et remonte sur scène sans aucun problème de ronflement, étant donné que les câbles en fibres optiques ne sont pas soumis aux interférences ».
En ce qui concerne la programmation de la console pour ce concert acoustique, il a été décidé de créer des « blocs » pour les mémoires de l'unité DM 2000 utilisée sur FOH, comme par exemple lorsque Daniele joue de la guitare électrique, et que les petites modifications nécessaires sont effectuées manuellement. Pour cette raison, Bigotti apprécie particulièrement la fonction Global Paste pendant les répétitions, car elle réduit considérablement les temps de réglage.
D'un autre côté, sur scène, les choses changent beaucoup, même d'un soir sur l'autre. Pagiaro a donc préféré préparer les scènes individuellement. « Au début de la tournée en Bologne, j'en avais déjà 32, mais je pouvais très bien en avoir une soixantaine en fin de tournée !
Nous utilisons la Version 2 de ce logiciel, et j'essaie de tester tous ses utilitaires : j'ai déjà trouvé deux ou trois effets fantastiques, comme par exemple Aux Solo. J'utilise beaucoup Studio Manager, je rentre à l'hôtel, j'effectue mes modifications sur mon portable, je les stocke, puis le lendemain, je les charge sur la console... C'est d'une facilité incroyable ! ».
Après une brève interruption, la troupe de Daniele repart pour une série de concerts d'été dans certains des théâtres les plus évocateurs d'Italie : de la Villa Erba à Cernobbio aux théâtres grecs de Taormina et Messina, via Cava della Rocca en Monselice, le Spheristerion légendaire de Macerata et la Villa Aldobrandini de Frascati.
Dans ces endroits uniques, ainsi que dans d'autres lieux exceptionnels, l'équipe audio a été en mesure de tirer le meilleur parti des nombreuses fonctions d'une nouvelle console d'une souplesse exceptionnelle : Yamaha PM5D.
Présentée dans un design à « boîtier unique », cette nouvelle console numérique combine les caractéristiques avancées et la conception de l'unité DM2000 avec le style opérationnel et la fonctionnalité du modèle PM1D. Elle dispose également de 64 canaux d'entrée (48 entrées mono + 4 entrées stéréo analogiques, 4 retours stéréo internes). Les conversions A/N et N/A se font via des convertisseurs de 24 bits, sur une fréquence d'échantillonnage de 96 kHz. Les sorties comprennent 24 mixages, 2 stéréo (A et B ou L-C-R), 8 matrices, 8 groupes de mutes et 8 DCA.