3 x PM5D @ Umbria Jazz '06


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Des consoles Yamaha au prestigieux Festival de Pérouse

Beppe Bottega
(FOH)
Luca Morson
(Monitors)

Du 7 au 16 juillet 2006, la ville de Pérouse (Perugia), en plein cœur de l’Italie, dans la région de l’Ombrie, a accueilli la 33è édition du festival Umbria Jazz (‘Jazz en Ombrie’) – une référence pour les passionnés de jazz italiens et venus du reste du monde, qui se bousculent dans les innombrables salles de spectacle de la ville où le dénominateur commun est la bonne musique – des trattorias typiques et bars intimes du centre historique de la ville au stade Santa Giuliana, jauge 4600 personnes... Deux de ces lieux de concerts les plus prestigieux utilisent la technologie Yamaha : la Piazza IV Novembre et le stade.

À sa deuxième année en tant qu’ingénieur du son façade “résident” au stade Santa Giuliana, Piero Bravin est un vétéran de la scène live italienne et du secteur du broadcast. Il est très enthousiaste quant à cette édition de l’événement : « D’un point de vue professionnel, c’était pour moi la meilleure année – nous nous sommes vraiment bien entendus avec les ingénieurs du son des artistes, parmi lesquels Pat Metheny, Wayne Shorter, Diana Krall et Chick Corea, qui a joué avec son quartet et l’Orchestre de Chambre de Bavière ».

La console Yamaha que Reference Laboratory (l’installateur audio et lumières au stade Santa Giuliana, qui avait aussi fourni une gamme complète de ses câbles spécifiques) avait mise à la disposition de ceux qui préféraient travailler dans le domaine numérique était une PM5D-RH. Elle a été choisie personnellement pour l’occasion par Bravin, qui explique : « Selon moi, ceux qui ont opté pour l’analogique l’ont fait parce qu’ils n’exploitent par la technologie : ils n’utilisent que très peu les compresseurs, et encore moins les égaliseurs et les filtres. Par conséquent, ils n’utiliseraient qu’une fraction ridicule du potentiel d’une console numérique. J’ai choisi la PM5D-RH pour son côté pratique et universel, et aussi parce que la technologie numérique est extrêmement utile lors des festivals ».

La console a été utilisée par l’ingénieur du son de Jamie Cullum – une future star ! Son style musical mélange jazz, pop et soul, et Bravin a beaucoup aidé son ingénieur du son. Ledit Bravin était lui-même à la console pour deux artistes relevant de genres totalement différents : Solomon Burke, une légende vivante du Rhythm & Blues, et Edmar Castaneda, un virtuose colombien de la harpe. Utilisateur expérimenté des consoles de mixage Yamaha, Bravin ajoute : « Avec eux, j’ai énormément utilisé les compresseurs intégrés à la console ».

Après avoir emprunté les escaliers annonciateurs qui traversent la forteresse de Paolina, et laissé derrière eux la scène aménagée dans les jardins Carducci (où une série d’artistes de jazz, de blues et de gospel se succédaient sans arrêt de midi à minuit, jouant sur une autre sonorisation fournie par Reference Laboratory), les fans qui se rassemblent chaque année dans la ville ombrienne empruntent la rue principale, qui mène à la place centrale (Piazza IV Novembre). Carrefour animé le jour, elle se transforme le soir en un séduisant théâtre de plein air, accueillant le swing entraînant de formations de big bands, la foi communicative et joyeuse des groupes de Gospel, et une fusion contagieuse de bien d’autres genres musicaux, dans lesquels le jazz constitue un ingrédient clé.

Outre des artistes et des formations comme Bobby Jones & Nashville Super Choir, Bradley University Big Band, The Reverse, Ray Gelato’s Giants, Monterey Next Generation Jazz Orchestra et Funk Off (un orchestre de rue de haut niveau, venu de la Toscane voisine), la grande scène dressée dans la place accueille aussi des concerts s’apparentant à des concentrés explosifs de rythmes : le groove afro imparable de Mory Kanté et de sa kora, ou la magie Latino de Sergio Mendès et son groupe.

Pour satisfaire tous ces artistes, d’une grande diversité de styles musicaux, le loueur Pro Sound Service (basé à Silea, près de Trévise) a retenu les leçons de l’édition précédente du Festival, où les résultats avaient été jugés très positifs. Il a donc installé deux consoles PM5D, confiées aux mains de Beppe Bottega (façade) et Luca Morson (retours). Cristian Bobbo, un des associés fondateurs de PSS, explique : « Outre les éditions d’été et d’hiver du Festival Umbria Jazz, nous travaillons sur des projets extrêmement variés. Par exemple, nos consoles PM5D ont été utilisées cette année sur la célèbre Place Saint-Marc pendant le Festival de Venise, et aussi pour deux spectacles « pyro-musicaux » lors du Festival du Cinéma de la ville, à la fin de l’été. »

« Les ingénieurs du son des têtes d’affiche, Mory Kanté et Sergio Mendès, connaissaient la console et avaient leurs « scènes » déjà prêtes, sur carte ou sur leur portable, ce qui a permis de réduire considérablement la durée du sound check », explique Bottega. « Ce cas de figure se produit de plus en plus souvent : cette année, j’ai travaillé avec d’autres artistes étrangers de premier plan, qui demandaient spécifiquement une PM5D, et arrivaient eux aussi sur les lieux du concert avec leurs cartes prêtes à l’emploi. »

À Pérouse, les configurations de microphones étaient assez similaires d’un groupe à un autre : Bottega a donc décidé de créer une Scène « de base » pour chaque big band pendant les répétitions. « Comme d’habitude, on n’avait jamais le temps pendant les sound checks », poursuit-il, « et dans ce cas, avoir une console de ce style est très précieux. Il suffisait de rappeler la Scène mémorisée la veille, de la bidouiller un peu, et nous étions prêts. Au niveau des traitements de dynamique, je n’ai utilisé que les processeurs intégrés à la PM5D. »

Comme Bottega, Morson avait déjà travaillé sur des éditions précédentes du Festival Umbria Jazz. Il compare l’utilisation de la PM5D à Pérouse avec ses expériences en tournée : « Je l’ai utilisée avec Nek et Piero Pelù (artistes stars en Italie) et même si je n’oserais pas prétendre que je la maîtrise en profondeur – avec ces systèmes numériques, on continue à en apprendre tous les jours – j’aime vraiment travailler dessus, et je commence à bien la connaître. Pendant les tournées, je crée mes scènes, je les mémorise puis, partant de là, j’apporte à tout moment les petites modifications nécessaires… Sur des projets comme les concerts de la Place de Pérouse (ou dans n’importe quel festival), les consoles numériques sont d’une importance fondamentale, précisément parce qu’on doit gérer des groupes qui se succèdent sur scène pendant toute la durée du festival. La PM5D est extrêmement intuitive et facile à exploiter, et on peut utiliser toutes ses fonctions de façon très diverse. Pendant les deux premiers jours, j’ai constitué et enregistré les scènes, ce qui a vraiment facilité mon travail par la suite ».

Pour l’orchestre de Sergio Mendès, il a fallu gérer 16 départs pour les retours de scène, et les deux PM5D étaient pratiquement remplies au niveau des entrées… « C’était une situation plutôt compliquée », conclut Morson, « avec deux configurations de claviers jumelles, deux percussionnistes bien équipés, une énorme batterie et pas mal de micros de voix. Un travail intéressant et complexe, mais aussi gratifiant. Et tout au long des onze jours du Festival, Beppe et moi avons reçu beaucoup de compliments – émanant des groupes comme de leurs ingénieurs du son. »