Camden Crawls avec des consoles Yamaha


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Devenu un rendez-vous incontournable sur le calendrier sans cesse plus dense des festivals anglais, le Camden Crawl apporte une toute nouvelle approche au genre. Au lieu de se dérouler sur plusieurs scènes dans la campagne, le Crawl fédère 15 salles différentes – pubs, clubs, restaurants… – accueillant une grande variété d’artistes, dans des styles musicaux différents, du célèbre au confidentiel, du connu à l’ésotérique.

Cette année, pour la première fois, le Crawl s’est déroulé sur deux jours. Les 18 et 19 avril, c’est donc plusieurs milliers de passionnés de musique qui ont convergé vers le Nord de Londres : bon nombre de jeunes et d’étudiants ont pu savourer les 80 spectacles, pour le prix d’un seul ticket, un ou deux jours.

Avec autant de groupes et de salles, le défi est de taille au niveau logistique. Les durées de changement de plateau sont minimales, la plupart des salles sont de petite taille et peu sont conçues pour de la musique amplifiée. Mais c’est un défi que Britannia Row, grand spécialiste du live, a eu à cœur de relever, appuyé par les consoles numériques compactes Yamaha, qui se sont révélées constituer la solution idéale aux problèmes posés par ces événements.

Brit Row avait préparé dans son entrepôt de Wandsworth sept systèmes compacts de caractéristiques similaires, alliant des consoles numériques Yamaha à des enceintes amplifiées Turbosound. Ces systèmes ont été livrés à toutes les salles qui en avaient besoin, depuis un seul camion, en une journée.

Les systèmes mis en place dans le Oh Bar, le Black Cap et le Cuban utilisaient une console M7CL-48, ceux du Camden Tup et de l’Enterprise une LS9-16, et l’Earl of Camden une DM2000.

C’est la première année qu’on utilisait autant de consoles numériques Yamaha, mais ce n’était pas faute de volonté, comme le confirme Roly Oliver, de Brit Row : « L’an, dernier, nous aurions voulu en utiliser davantage, mais comme la dernière génération de consoles numériques Yamaha venait de sortir, nous n’avons pas pu nous les faire livrer », sourit-il.

« Mais cette année, nous avons pu faire comme nous voulions en matière d’audio. La combinaison des consoles numériques et des enceintes amplifiées était la solution parfaite, pour nous comme pour les artistes. Pour nous, c’est bien moins de problèmes, tandis que l’ingénieur du son de l’artiste peut « faire le son » comme il le désire, et rappeler instantanément tous les paramètres. Dans ces situations-là, avec des systèmes analogiques, la plupart des gens se contentent de repérer les gains sur les faders et d’espérer… ».

Il existe encore, bien évidemment, nombre d’ingénieurs du son résolument adeptes de l’analogique, pour lesquels utiliser une console numérique représente un saut dans l’inconnu. Toutefois, la nature même du festival impliquait que Brit Row utilise les systèmes d’une certaine façon qui, associée à la convivialité des consoles Yamaha, a fait que personne n’a en fait refusé de travailler en numérique.

« Les systèmes étaient configurés de façon standard dans toutes les salles », explique Roly. « Nous n’avions pas envoyé de demandes concernant les listes de voies ou autres, parce qu’une fois que cette porte-là est ouverte, les gens se mettent à demander plein de choses par la suite. Avec autant de groupes et de changements de plateaux, nous n’avions tout simplement pas le temps d’accorder à chaque groupe une configuration unique… Nous utilisions donc chaque système, en fait, comme en analogique, la souplesse, la qualité et les rappels de mémoire en plus. Personne n’a résisté, aucun problème… ».

L’ingénieur du son Liam Halpin faisait office, pour reprendre ses termes, « d’instituteur ». Il aidait à préparer les consoles, et assistait les ingénieurs du son lors des sound checks, qui se voyaient accorder 30 à 40 minutes chaque matin. Quand l’ingénieur du son retrouvait la console, c’était pour le concert.

« Tout le monde s’est bien adapté aux consoles Yamaha », déclare Liam. « J’ai dû former quelques personnes à partir de zéro – ils semblaient un peu nerveux avant de découvrir les consoles, mais leur sérénité revenait très vite ensuite… L’un d’entre eux disait préférer de toute façon la Midas Venice à la M7CL, et que s’il lui fallait plus d’une demi-heure pour apprendre la M7CL, il reviendrait pour de bon à la Venice. Il a appris la M7CL en moins d’une heure… ».

Les consoles numériques Yamaha ont également permis, au niveau de chaque système, de travailler avec les traitements intégrés – l’absence de rack d’appareils externes constituant un facteur clé compte tenu des dimensions réduites des salles, qui imposaient un volume minimal d’équipements techniques dans la salle au niveau de la console de façade. « Toutes les salles étaient pleines de monde, il fallait donc que la sonorisation elle-même et les consoles soient aussi discrètes que possible. Grâce aux dimensions réduites et à l’absence de racks d’appareils externes, nous avons pu obtenir de bons emplacements de mixage partout », explique Roly.

« Tout était optimisé en fonction du côté pratique, mais bien sûr, nous voulions offrir une excellente qualité sonore, et servir au mieux les artistes dans ces circonstances particulières », poursuit Roly. « J’ai été ingénieur du son pendant des années, j’ai sonorisé des concerts dans des clubs où je devais me contenter de systèmes de sonorisation installés absolument médiocres : je sais que j’aurais bien voulu avoir ce genre de configuration à l’époque ! Au Camden Crawl, il y avait énormément de nouveaux groupes que nous voulions vraiment aider, en les faisant profiter des meilleurs systèmes actuels disponibles pour ces petits espaces, en évitant de mettre sous pression leurs ingénieurs du son, bref à faire de ces concerts de grands moments pour chacun ! ».

Il semble bien que le but de Brit Row ait été atteint, la qualité des produits utilisés ayant assuré un déroulement sans heurt des concerts. « Il fallait si peu de temps pour tout configurer que tout le festival s’est passé dans une ambiance relativement détendue, une bonne surprise ! », raconte Roly. « Les systèmes étaient simples mais bien adaptés, les passages d’un concert à un autre extrêmement rapides, puisqu’il suffisait littéralement, à la fin d’un concert, d’appuyer sur une touche pour rappeler tous les paramètres du groupe suivant. Tous les ingénieurs du son étaient très contents ! ».

Liam Halpin était également sur place, pour fournir une assistance technique si nécessaire pendant les concerts, mais il doit admettre qu’on a rarement eu besoin de lui… « Il n’y a jamais eu de gros problèmes ! », explique-t-il. « Généralement, je restais là cinq minutes, au cas où, et personne n’avait de difficultés. Même celui qui avait une gueule de bois carabinée le matin où je l’avais formé sur la console s’en est sorti comme un chef. D’après les conversations que j’ai pu avoir ensuite, tout le monde a passé un bon moment ! » .