Christophe Génix - Une PM1D sur Indochine


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Christophe Génix est un des pionniers des in-ear monitors. La précision sonore qu’autorisent ces retours personnels sans fil l’a conduit à affiner sans cesse son matériel de mixage – passant de l’analogique au numérique voici quelques années. Il ne tourne plus qu’avec une PM1D, notamment sur les concerts d’Indochine…

Le groupe de rock Indochine existe depuis plus de 25 ans. C’est aujourd’hui le seul capable de remplir, en son pays, les plus grandes salles plusieurs fois de suite – même chose pour les autres pays francophones. La tournée qui fait suite à l’album Alice & June a démarré en mars 2006 ; elle a commencé par Paris (six jours au Théâtre Mogador), puis a enchaîné sur différentes villes de province, et les festivals d’été. Sa deuxième partie s’est déroulée d’octobre à décembre. La tournée reprendra en mars 2007, revisitant des villes de province où les concerts étaient archi-complets en 2006.

Nous avons rencontré Christophe Génix à Bercy le 8 décembre 2006. Ingénieur du son retours, il suit Indochine, aux retours, depuis la tournée Paradise. Il travaille dans le son depuis dix-sept ans, et son CV est bien rempli : Nougaro, Césaria Evora, Sinead O’Connor, Paul Young, entre autres… Batteur au départ, sa carrière a commencé au poste d’assistant en studio. Quelques années plus tard, il passe au live, mais en façade ! Les retours sont venus plus tard. « Les retours, c’est un métier complètement différent de la façade », explique Christophe. « Puisqu’on est tout près, sur le côté de la scène, on est en contact permanent avec les musiciens, on est le point de référence psychologique de l’artiste, en plus de gérer son confort sonore. Pour moi, les retours, c’est 50 % de psychologie, 50 % de son ! »

« Avec mon collègue et ami Xavier Gendron, nous avons été parmi les premiers à nous mettre aux in-ear monitors (retours personnels HF intra-auriculaires) voici dix ans. Le métier a commencé à changer à ce moment-là. Avec les retours traditionnels, on se calait avant le concert, et on attendait que quelqu’un demande quelque chose pour modifier un réglage. En plus, on ne savait pas trop ce que chacun entendait effectivement devant son retour. Le passage aux IEM permet de travailler avec beaucoup plus de précision le son qu’on envoie à chacun, et de l’écouter à tout moment dans les mêmes conditions que lui : il suffit de régler un récepteur sur son canal et de se mettre les mêmes écouteurs dans les oreilles ! C’est ce qu’on fait régulièrement avant et pendant le concert… »

« Du coup, les artistes se sont montrés de plus en plus exigeants sur ce qu’ils voulaient entendre dans leurs in-ears ; le travail de l’ingénieur de retours devient de plus en plus précis, ce qui demande des régies plus impressionnantes qu’avant, notamment au niveau des consoles de retours : davantage de sorties, de traitements, de possibilités d’assignation… Le passage au numérique est une évidence dans ces conditions : sur chaque titre, les effets sont différents, les réverbérations sont calées différemment, les niveaux changent, on affecte une mémoire par titre, qu’on rappelle instantanément. Autre point fort des consoles numériques : les effets intégrés. Sur cette tournée, je n’utilise qu’une réverbération Lexicon 480L pour la voix de Nicola [Sirkis, chanteur d’Indochine] et une PCM70 pour les guitares acoustiques, et un compresseur externe dbx. Pour tout le reste, j’utilise les traitements et effets de la PM1D, qui me vont parfaitement : deux effets pour les batteries, quatre pour Nico (harmonizer, délais…). »

Christophe élabore donc un mixage bien précis pour chacun des musiciens, sur ses indications. Ce son, entendu sur les in-ear dans des conditions quasi-idéales, influe forcément sur l’interprétation des musiciens. Il faut donc que le mixage façade, entendu par le public, soit cohérent avec celui sur lequel les musiciens se basent pour jouer… À l’inverse de ce qu’on pourrait penser, c’est donc le mixage des retours qui conditionne le mixage façade ? « Dans une certaine mesure ! », confirme Christophe. « Nicola, par exemple, est tellement convaincu de son mixage d’in-ear qu’il veut absolument que le mixage de façade (assuré par Philippe « Dub » Dubich sur une console digidesign VENUE) respecte l’esprit, l’ambiance de celui qu’il entend. Avec Dub, nous nous sommes calés, pendant les répétitions : je lui ai expliqué ce que je faisais sur chaque titre, à lui de restituer un résultat équivalent avec son matériel. Ç’aurait été plus facile s’il avait lui aussi une PM1D en façade ! ».

« Ça fait deux ans que je travaille sur PM1D – je l’avais découverte, grâce à Potar Hurlant, sur des dates ajoutées à la précédente tournée d’Indochine, où j’avais utilisé jusque là une Midas. J’ai pas mal travaillé sur des Paragon, avant, et j’ai fait deux-trois dates sur une InnvaSon… Sur cette tournée-ci, Nicolas avait une exigence artistique supérieure, qui a débouché sur l’adoption de matériel numérique. Sur une H3000, je ne pouvais pas faire ce que je fais maintenant sur la PM1D, je n’ai que deux mains ! Mais c’est moi qui ai amené Nicolas, aux retours, dans un confort, une ambiance, des suivis de réverbération, des choix d’effets… après, il faut assumer, et adopter le matériel qui facilite la tâche au maximum ! L’album sorti, avec plein de choses et de machines, se prêtait bien aussi à un traitement dans le détail. »

« J’apprécie particulièrement l’ergonomie de la PM1D. Elle se prête très très bien aux retours, je la trouve bien mieux adaptée à ma façon de travailler qu’une PM5D, par exemple, qui, sur une tournée comme celle-ci, me limiterait forcément à un moment ou à un autre (nombre de sorties, traitements…). Je gère 8 mixages stéréo, 4 spares (sur les matrices), 3 sorties de wedges, 1 sortie stéréo de side, 1 sortie sub, 1 sortie sub pour le batteur, 1 mix pour le backliner… et 52 entrées. Sur la PM1D, j’adore le principe de la double rangée de faders, haut et bas. Je vois tout ce qui se passe, sans devoir aller dans des pages, et je peux aller vite. Les retours, c’est de la rapidité avant tout. Il ne faut pas se prendre la tête, ne pas hésiter, aller tout de suite là où on doit aller... Mon assistant, Sébastien Dandreis alias « Prof », m’a montré plein de trucs sur la PM1D, qu’il connaît mieux que moi pour être sorti davantage avec sur d’autres concerts. Des accès plus simples, des trucs… il en découvre sans arrêt ! Je me suis formé tout seul sur la console, mais je n’hésite pas à demander quand je ne sais pas, il me montrait deux-trois trucs, on peut vraiment aller très loin dans plein de choses.».

Il suffit de regarder la concentration avec laquelle Christophe travaille sur sa PM1D, tant en répétition qu’en concert, pour être assuré qu’il trouvera bien d’autres astuces avec la console, peut-être même sera-t-il à l’origine de certaines d’entre elles !