Amphithéâtre de la Cité Internationale de Lyon Réseau EtherSound, PM5D, AD8HR et DME24


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Le site de la Cité Internationale de Lyon est situé au Nord-Est de la ville, près du Rhône et du Parc de la Tête d’Or, sur l’ancien site du Palais de la Foire Internationale. L’architecte en est Renzo Piano. Sa première partie, achevée au milieu des années 90, accueille entre autres le Musée d’Art Contemporain, un hôtel Hilton, un casino Pharaon, un multiplexe UGC Ciné Cité, des logements, des bureaux et des parkings, ainsi qu’un Centre des Congrès. Compte tenu des dimensions des bâtiments, l’aspect « réseau » est envisagé d’emblée pour remplacer les liaisons par câble cuivre, notamment pour la vidéo, qui y circule aujourd’hui en HD SDI si désiré. Une extension du Centre de Congrès a été engagée en 2003. Elle triple sa surface d’accueil (qui passe de 8 à 25 000 m2) et sa capacité d’accueil (de 6 500 à 19 000 personnes).

Figure de proue de cette extension : sa grande salle, qui adopte une forme d’amphithéâtre à la romaine, permet une grande modularité et met en œuvre des solutions techniques innovantes. Après un an de travaux extérieurs et 18 mois d’aménagements intérieurs, cette vraie réussite architecturale est inaugurée le 1er juin 2006 par une convention de la Mutualité Française. De l’extérieur, elle ressemble à une véritable « soucoupe volante », avec des volets d’acier, décollée du sol et reposant sur un plan d’eau… en rupture avec les briques en terre cuite et les tuiles de zinc de la grande cour intérieure, combinaison de rigueur dans le reste de la Cité Internationale. Outre cette grande salle, baptisée « L’amphithéâtre », l’extension abrite un grand nombre d’autres salles, comme il se doit pour un centre de congrès : foyers, salles de commission, de sous-commissions, avec installations spécifiques (cabines de traduction simultanée)…

« Au tout départ du projet, voici longtemps, les responsables avaient plutôt pensé l’amphithéâtre comme salle de spectacle », explique Frédéric Jacob, Responsable de la Régie Technique du Centre des Congrès. « En parallèle, l’ancien Palais des Congrès de Lyon avait été démoli, remplacé par le nouveau Centre de Congrès de la Cité Internationale. L’amphithéâtre, faisant partie de l’extension de ce Centre, a dû pouvoir gérer aussi des conventions – un domaine rentable, attirant des participants de tous les pays, donc contribuant au développement de Lyon à l’international. Une fois les murs construits, le scénographe, Roger Labeyrie a dû concilier ces deux aspects ». Cette conception « mixte » imprègne l’équipement technique de l’endroit.

« L’Amphithéâtre » possède une jauge maximale d’environ 3000 spectateurs, mais elle propose en fait plusieurs configurations : par exemple, une séparation de tissu noir, descendant des passerelles, permet d’isoler le bas de la salle, soit 1700 personnes. On peut ainsi arriver à une petite capacité de 800 places : pour de petits concerts, par exemple, une salle « fermée » est plus agréable pour l’artiste.

La scène offre 50 mètres d’ouverture, de pilier à pilier, pour une hauteur sous passerelle de 17 mètres (21 sous le grill principal). Ses rideaux arrière sont occultables, ce qui permet, si désiré, d’obtenir un plateau nu et de faciliter la circulation vers l’arrière (autorisant ainsi chargement à niveau depuis la scène depuis l’arrière du bâtiment). La « petite scène » détrappable découpée au centre de la grande scène mesure 17 x 9,5 mètres, et sa mise sur vérins est envisagée, pour obtenir un débattement de ±1 m, comme le proscénium (qui peut être disposé à plat, en gradins ou en fosse).

Une stagebox, avec les six AD8HRet les AVB32ES AuviTran
Une stagebox, avec les six AD8HRet les AVB32ES AuviTran

Si la vidéo et d’autres données circulent déjà depuis longtemps sur réseau dans le Centre de Congrès « historique », ce n’est pas le cas du son. L’extension a été prévue d’emblée avec un réseau EtherSound sur fibre optique en plus des autres réseaux vidéo, informatique, etc. Il est naturel de décliner le principe au reste du Centre des Congrès, mais on dépasse alors rapidement la limite des 64 entrées et 64 sorties inhérente à un seul réseau. Il faudra donc implémenter deux réseaux distincts : un dans l’extension et l’Amphithéâtre lui-même, un dans le Centre de Congrès « historique ». Avec ce second réseau dans « l’ancien » Centre, la souplesse est maximale, puisque virtuellement, bâtiment « historique » et extension ne font plus qu’un. Il devient facile d’envoyer des sons à des cars régie, de jumeler n’importe quelle salles de conférence à une autre, etc. L’architecture réseau est classique, avec un double nodal central, point pivot d’où rayonnent les fibres (deux par deux à chaque fois). On compte déjà 100 mètres de liaison rien qu’entre la régie de l’amphithéâtre et le nodal ! C’est Kezia qui a assuré l’installation des réseaux audio.

L’Amphithéâtre possède une console PM5D, une stagebox de 6 AD8HR et un autre de deux AD816 pour la scène (soit 48 entrées/16 sorties) et un adaptateur optique avec des AVB32ES (Bridge EtherSound /AES-EBU), relié en fibre optique. La régie, qui surplombe la salle, possède une interface EtherSound 8 entrées/8 sorties sur le réseau EtherSound. La PM5D possède 3 cartes EtherSound AVY-16ES, et est référencée à une horloge numérique externe, une Mytek MC3L. Elle sera bientôt montée en flight case, ce qui permettra, dans certains cas, de constituer une « régie mobile » pour utilisation en salle. En convention, en effet, ses possibilités sont surdimensionnées (rarement plus de 20 signaux à gérer la plupart du temps, plus quelques retours), et on pourrait la remplacer par une 01V, par exemple.

Les ingénieurs du son « maison » apprécient beaucoup les traitements des consoles numériques Yamaha : « Ils utilisent intensivement les compresseurs… », explique Frédéric Jacob, Responsable Régie Technique du Centre de Congrès de Lyon. « En effet, les orateurs de conférences n’ont pas forcément l’habitude de parler au micro, d’où, à la base, des différences de niveau parfois importantes. L’avantage des compresseurs numériques intégrés est qu’on peut les « charger » intensivement sans que ça s’entende. C’est un des facteurs qui ont aidé le numérique à entrer en conférence, avec les noise gates, réglés sur des seuils légers. Autant de choses qu’on ne faisait pas avant, parce qu’il fallait insérer des processeurs externes, les régler à chaque fois… Dans toutes les salles du Palais, d’ailleurs, les programmes de base enregistrés dans les consoles, possèdent des préréglages sur les voies du micro pupitre et des récepteurs HF. C’est un gain de temps énorme, on sait que ça marche bien, on n’a pas de mauvaise surprise… ».

Le DME24 dans le rack des amplis, dans la poutre centrale, en haut de l'amphithéâtre
Le DME24 dans le rack des amplis, dans la poutre centrale, en haut de l'amphithéâtre

La sonorisation installée à demeure par Scenetec est gérée par un DME24N. La liaison audio est donc intégralement numérique depuis la console jusqu’aux amplis.

« Le kit de sonorisation va évoluer d’ici septembre 2008 », précise Frédéric Jacob. La gestion s’effectuera alors par le biais d’un DME64N probablement. Ce système son définitif sera alors parfaitement adapté aux concerts et aux conventions. Côté réseau global, l’étape suivante consistera à passer sur du Cisco gérable, et tout en fibre, étendre le principe du réseau à tout le bâtiment de la Cité des Congrès, avec une vingtaine de sous-répartiteurs dans lesquels faire passer la vidéo, le son EtherSound et le DMX ».

Une DM2000 dans la rúgie d'une salle de commission
Une DM2000 dans la rúgie d'une salle de commission

L’extension à la Cité des Congrès propose également un foyer d’accueil, et plusieurs salles de commissions, équipées d’une vraie régie avec gestion de caméras de prise de vue, console DM2000 ou 01V, switch Cisco, interfaces EtherSound 8in et 8out.

On compte également un grand nombre de salles modulaires, à parois mobiles et fenêtre occultables, accueillant des vidéoprojecteurs et des écrans muraux et souvent une sonorisation par plafonniers – même si de petits kits stéréo mobiles sont disponibles. Pour l’instant, elles sont équipées de petites consoles analogiques, mais l’idée d’évolution consisterait à intégrer une 01V dans chacune, munie d’une carte EtherSound, qui permettraient de brasser les sons à volonté, en envoi comme en réception, sans aucune perte de qualité, tout comme c’est déjà le cas pour la vidéo. Avantage : en cas de changement d’effectif demandant une salle de plus par exemple, il suffit, au lieu d’ouvrir physiquement une cloison, d’accueillir les participants dans n’importe quelle autre salle et d’y envoyer, en quelques clics depuis le nodal, les signaux audio et vidéo désirés. On peut même imaginer placer une caméra en fond de dalle, pour incruster le présentateur sur sa présentation…